• Sylvie Bauche

Balade dans le Delta du Nil.

Puisque j’ai eu le plaisir de vous présenter mon roman

‘La lampe cachée du Nil’, je vous propose une ballade dans le Delta, région souvent évoquée puisque mes personnages s’y rendent soit pour y accoster par l’ouest venant de la mer Méditerranée, soit arrivant par le désert à l’est. Cet entonnoir renversé comme je me plais à le surnommer, va chercher ses origines si loin que nous avons vite fait d’omettre sa formation qui va engendrer cette terre sacrée. Je vous livre quelques passages des Cahier n°1-Couleurs du delta d’Education Égypte Découverte.

…La première image lorsque l’on évoque l’Égypte, c’est le Nil, fleuve chargé de cadeaux dont le plus lumineux est la vie….Le fleuve pénètre en Égypte au niveau de la deuxième cataracte à Assouan pour descendre vers la mer sur 1200 km, traversant une vallée fertile, entourée à l’ouest par la chaine libyque et à l’Est par la chaine arabique. Fleuve unique régi par deux saisons hydrologiques : la crue et l’étiage provoquant les trois saisons du calendrier agricole égyptien : Akhet (l’inondation), de juin à octobre ; Péret (les semailles) de novembre à février ; Shemou (la récolte) de mars à juin…

Et puis où va le Nil ? Revenons à la fin du Miocène, le fleuve s’est arrêté à la hauteur du Caire. Après un dénivelé situé à -170 m à Assouan, le fleuve finit sa course folle à – 570 m au Caire pour se jeter dans l’eau de la mer glacée, future Méditerranée. On peut imaginer la force avec laquelle les mètres cubes d’eau enrichie d’alluvion sont venus remplir la fosse située de chaque côté des terrasses marines. Au fils des ans, les dépôts calcaires se désagrègent en petits morceaux de coquillages et de sable pour s’accumuler au limon, offert par le fleuve, et devenir de petits monticules remplissant ainsi le Delta. Devenant un grand entonnoir dont l’encolure s’ouvre généreusement vers le golfe marin. Ainsi se forme un enchevêtrement de canaux d’eau douce, d’où surgiront des tertres, des prairies, des vallons, des marécages, des lagunes, où la diversification de la flore et de la faune fera le bonheur ou le malheur de ceux qui voudront se les approprier… L’entonnoir s’est rempli de divers matériaux, réservoir d’eau douce permanent d’où surgissent des buttes sur les assèchements des monticules. Les vents du Nord y déposeront des pollens de différentes espèces végétales méditerranéennes alors que les poussières sahariennes, chargées de potassium issues des sables, viendront nourrir les sols fournissant un engrais naturel.En bordure de mer, les terrasses marines faites de dépôts calcaires sont de vraies lames défensives s’aiguisant au fil des duels des vents et courants masquant les sorties des bouches des lagunes.

Le Delta du Nil ainsi constitué s’enferme dans un environnement particulier. Protégé au nord par la mer, les déserts de l’Ouest, les marais salés de l’Est et au Sud par le fleuve s’ouvrant sur la Vallée. Les terres d’est en ouest distantes d’environ 600 km, désert libyque-désert arabique. Du Nord au Sud, de Behedet sur la côte méditerranéenne à Pi Hapy au sud du Caire, la longueur du fleuve s’étend sur 209,20 km soit 20 itérou …. La majeure partie des terres sont entrecoupées de chenaux, véritable labyrinthe aquatique, qui ne rencontreront aucun djebel pour arrêter leur course. Les cycles des saisons et les crues du Nil vont diviser cette région du nord de l’Égypte en deux parties distinctes qui ne cesseront de modifier leur apparence dans le temps. Le roi Snéfrou ne reconnaîtrait pas les lieux où il aimait joyeusement séjourner, quant à Ramses II, il chercherait en vain sa chère ville Pi-Ramses.



ME SUIVRE

  • Facebook Social Icône

© 2020 Sylvie Bauche. Créé avec Wix.com

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now