• Sylvie Bauche

Le Delta, naissance du deuxième Nil.

Ta – mehou, avec ses bras d’eau, ses canaux est parfois représenté dans l’iconographie des anciens, par un filet de pêche que tire pharaon. Les mailles du filet sont censées retenir poissons, fleurs, plantes aquatiques et autres bestioles. C’est l’image de l’abondance, offerte par les dieux au roi traversant les axes du labyrinthe aquatique abritant les forces du mal. Royaume de verdure s’étalant le long des différentes branches du Nil prenant sa source en un lieu tout aussi mythique : Héliopolis. La cité du dieu Rê, image de la création du monde sera considérée comme la source du deuxième Nil d’où partiront les trois branches principales du Fleuve. La cité est entourée d’îlots, monticules immergés recouverts d’alluvions déposées lors des crues. C’est plus au sud que sera édifiée la future grande capitale Memphis, sur des terres plus stables.

Chaque branche principale du fleuve, allant se jeter dans la mer à la sortie d’une bouche, d’ouest en est, bouche Bolbitique-Phatnitique-Pelusiaque. Alors que les branches secondaires finissent leurs courses soit dans une lagune soit dans une fausse bouche d’ouest en est : Canoptique — Thermoutique — Sebennytique — Mendesienne — Tanitique.

À l’ouest, la première branche principale, le fleuve de l’ouest, passe par Leotopolis, laissant Merimbé à la frange du désert libyque, remonte sur Saïs, Metilis et se jette dans la mer par la bouche Bolbitique à Rosette .En chemin au niveau d’Imaou, une branche secondaire part plus à l’ouest en passant par Naucratis, Damanhur, Schedia pour terminer par la bouche Canoptique à Thônis. Des petits bras secondaires iront finir dans le lac Mariout qui verra s’élever au nord l’illustre Alexandrie.

Le grand fleuve, deuxième branche principale, traversera Athribis, Sebennytos, El Balamun pour se jeter dans la mer par la bouche Phatnitique à Damiette. Des bras secondaires suivront au Nord, Bouto, Chemmis ainsi qu’un bras traversant Xois, un autre Busiris sous l’appellation « des eaux d’Amon » faisant référence au site de Behbeit, se jetant directement dans la mer par la bouche Sebennytique. Un autre bras secondaire important celui qui traversera Mendes se jetant dans le lac Menzaleh par la bouche Mendessienne.

La troisième branche, le fleuve de l’Est, part au nord-est d’Héliopolis prenant le surnom « des eaux de Rê », file plein est, honorant le lever du soleil, arrosant ainsi sur son passage Bubastis, Phakoussa, Héracléopolis pour finir à Péluse dans la bouche Pelusiaque. Il est à noter que cette branche sera la branche la plus navigable et de fait la plus empruntée tout au long de l’histoire de l’Égypte. Laissant au sud, les postes-frontière de Kantara, Silé, sur les chemins de l’Horus.

Au niveau de Bubastis, plusieurs bras partent. L’un vers le Nord rejoignant Tanis, passant à l’ouest d’Avaris, en eau d’Avaris pour être rejoint par la branche de Rê contournant Pi Ramses.

Un autre bras partira au sud traversant la région du Ouadi Toumilat, les lacs amers en passant par Saft el Hinna, Tell Maskhouta, au pays de Gosheim.

Extrait du cahier n°1 : Les couleurs du Delta https://www.sylvie-bauche.com/livres


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